L’état de l’Ancien Monde vers 1250

Par Dominique Rosselle.

Samedi 30 septembre – Salle Henri Desbonnet à Templemars – 11 h 30 à 12 h 15

Le conférencier : 

Dominique Rosselle, Professeur Emérite d’histoire moderne à l’Université Charles de Gaulle – Lille 3, a fait porter ses enseignements et ses recherches sur l’Histoire économique et sociale de la période allant du XVIe au début du XIXe siècle.

Dans ce cadre, il s’est durant toute sa carrière tourné vers l’étude du monde rural de la France du Nord

On lui doit plusieurs articles et ouvrages portant sur les activités rurales d’ancien régime de nos anciennes provinces.

En raison de cette thématique scientifique, il s’est investi dans la fondation avec d’autres collègues « ruralistes » de l’Association d’Histoire des Sociétés rurales » (AHSR) puis du groupe européen de recherches CORN  axé sur l’étude des économies agricoles des pays de l’Europe du Nord-Ouest.

Par ailleurs, il a encadré plusieurs séminaires doctoraux sur les conditions de la « première mondialisation » avec l’intensification de l’exploration maritime à compter du XIVe siècle et  la création de nouvelles routes commerciales pour relier l’Occident à l’Orient, bouleversant ainsi les vieilles traditions multiséculaires d’emprunt des voies terrestres et notamment la route de la soie.

A côté de ses activités d’enseignement et de recherche, Dominique Rosselle a aussi occupé de nombreuses fonctions administratives ou d’expert tant au niveau de son université qu’au niveau de la coordination universitaire européenne.

L’exposé :

Cette conférence présentera au public, de manière aussi abordable que possible l’état des « quatre parties de l’Ancien Monde » à l’époque où Frère Guillaume de Rubrouck s’engageait sur les rudes chemins de la route de la soie pour mener sa rencontre avec le chef des tribus mongoles.

Pour les rares savants de cette époque, l’Ancien Monde connu était formé par que nous appelons aujourd’hui le continent euroasiatique  auquel s’ajoutaient l’Afrique du Nord et une frange côtière qui courait de la Corne de l’Afrique au Mozambique. Tous les autres territoires étaient « terrae incognitae » – et que dire du Nouveau Monde qui n’apparaîtra sur les cartes que bien après 1492?

Au fil d’une évolution pluriséculaire, ce vaste ensemble de territoires qui vivaient majoritairement en vase clos avait fondé des échanges reposant plus sur les liens commerciaux qu’humains. Autrement dit, les marchandises y circulaient plus facilement que les hommes.

Pour comprendre cette situation complexe, le conférencier présentera tour à tour les quatre parties de cet Ancien Monde à savoir :

  • l’extrémité orientale avec la Chine qui était depuis des lustres la civilisation la plus avancée avec notamment son Empire du Milieu qui produisait des produits de luxe qui attisaient les convoitises du reste du continent.
  • L’extrémité occidentale constituée par une Europe arrièrée et archaïque mais dotée à la fois d’un passé glorieux venu de Grèce et de Rome et d’une unité civilisationnelle forgée par le Christianisme.
  • Entre ces deux ensembles massifs : l’Islam qui dispose d’une puissance militaire considérable qui a permis pour de longues périodes le contrôle des grandes routes commerciales entre Orient et Occident.
  • La péninsule indienne qui a beaucoup donné à l’humanité mais qui à l’époque se voit cantonnée à un espace réduit contraint par l’expansion musulmane.

Ces quatre civilisations, aux destins contrastés, allaient connaître un choc commun à savoir la déferlante de la conquête mongole qui allait bouleverser les équilibres établis.

Comprendre cette interaction sera l’enjeu de la conférence.